Après être parvenus à se mettre à l’abri derrière les murs d’une singulière propriété dont le calme tranche avec les dangers qui guettent dans la jungle toute proche, les soldats de l’Ost Pourpre goûtent enfin à un repos bien mérité. Seule ombre au tableau, et de taille : l’absence de la Chambellan, disparue au cours de la nuit précédente.

(étape précédente : l’exploration)

   Un lit ! Un vrai lit ! En dépit des dimensions étranges de celui-ci, c’est avec un plaisir non feint que la Connétable a passé une nuit enfin correcte, après deux mois de traversée dans une cabine humide et un demi-sommeil dans le temple en ruines qui avait abrité leur équipée la veille. Comme elle, l’ensemble du groupe a pu profiter d’un répit bienvenu après la fatigue accumulée depuis le naufrage.

Mais qui peut bien dormir dans de tels lits ?

   Rassemblés, les hommes sont informés de la suite des opérations : quitter les lieux en les laissant le plus propre possible, puis se mettre à la recherche d’une vie autochtone – et retrouver la Chambellan. Dans le cas où aucun signe de civilisation ne serait mis à jour au cours de l’exploration, il serait décidé de revenir sur leurs pas pour reprendre quartier ici-même.

Reposés et rassasiés, les hommes se préparent pour une nouvelle journée d'aventures.
Consciente du dérangement occasionné, la Connétable laisse un mot au propriétaire des lieux, bien que consciente des faibles chances que ce dernier en comprenne le sens.
De leur côté, les soldats remettent un peu d'ordre dans la propriété, et en profitent pour récupérer un peu de matériel de survie.

   C’est bientôt l’heure du départ, et chacun se tient prêt à affronter de nouveau les dangers de la Pandarie. Mais c’est une bonne nouvelle qui les accueille à l’entrée du bâtiment : une route parfaitement pavée, ce qui sous-entend la présence d’autres lieux de vie à proximité d’ici !

En dépit de la beauté des lieux, c'est avec une légitime appréhension que les troupes reprennent la route.

   Ragthar, cartographe officiel de l’Ost Pourpre, se fait fort dès lors de guider ses compagnons sur le bon chemin. Chaque croisement fait l’objet d’une minutieuse expertise afin d’en comprendre le sens, en dépit de la barrière de la langue qui empêche de saisir ce qui est écrit sur les panneaux. Mais la simple présence de ces objets est réconfortante en soi : seule une vie intelligente a pu les mettre en place.

Une lourde responsabilité pèse sur les épaules du nain, qui les a suffisamment larges pour l'endosser.

   Très vite, le chemin des Pourpres croise celui de leurs nouveaux ennemis, les singes de la veille. Mais il ne s’agit plus à présent de simples éclaireurs : un village entier leur fait face. Avec la plus élémentaire prudence, la troupe rebrousse chemin, ne prenant le temps de s’arrêter que pour étudier la carcasse démembrée d’un chariot qui semble avoir été la cible de ces créatures. Visiblement, les locaux semblent secoués par des guerres intestines.

Même les plus belliqueux convinrent qu'il serait absurde de tenter de se frayer un chemin dans la masse des singes.
Un tonneau fut extirpé des débris, mais son contenu semblait singulièrement passé - à moins que les autochtones n'aiment s'enfiler quelques litres de poison pour passer le temps.

   C’est alors que la chance des naufragés sembla enfin tourner : au détour d’un virage, alors que la route semblait de nouveau se perdre dans la moiteur de la jungle, la silhouette d’un majestueux bâtiment apparut à leurs yeux ébahis. Partagés entre l’enthousiasme d’un possible sauvetage et la prudence qui se devait d’être de mise face à un environnement étranger, la petite troupe avança à pas forcés pour aller à la rencontre de son destin, quel qu’il puisse être.

C'est le coeur étreint par un étrange sentiment que les explorateurs virent apparaitre ce qui était la preuve d'une solide installation indigène sur le continent.
En approchant, ils furent néanmoins rassurés en s'apercevant que l'architecture, bien que plus majestueuse, était en tous points similaire à celle qui avait présidé à la construction de la propriété où ils avaient passé la nuit précédente.

   Stupeur ! Un garde est nonchalamment posté à l’entrée de ce qui ressemble de plus en plus à une petite bourgade. C’est la première rencontre avec les habitants de la Pandarie, et il convient de ne pas la rater ! La Connétable envoie aussitôt ses meilleurs diplomates, Zorahé et Ragthar, escortés de Kothran au cas où l’étranger se montrerait menaçant.

Mais quelle est cette créature ?
La délégation de l'Ost Pourpre présente bien, mais parviendra-t-elle à se faire comprendre ?

   De retour auprès des leurs, les trois ambassadeurs leur apportent des réponses à nombre de leurs questions : ils se trouvent présentement dans une région appelée la Forêt de Jade, aux portes de Pao’don, un petit village abritant une communauté de Pandarens. Car tel est le nom de la race qui peuple la majeure partie du continent, et qui semble d’un abord plutôt paisible. Mais la surprise ne s’arrêtait pas là : le garde n’avait montré aucun étonnement en les voyant arriver – à peine croyait-il que Ragthar était un enfant humain. Et pour cause : depuis quelque temps déjà, des membres de l’Alliance passaient régulièrement par Pao’don pour se lancer à la découverte du continent. Un étrange sentiment traversa l’esprit des naufragés : tandis qu’ils luttaient pour leur survie à quelques lieues d’ici, leurs compatriotes prenaient déjà pied en Pandarie.

   Avec l’aimable accord du garde, qui les invita à profiter d’un repas chaud à l’auberge voisine, la troupe put enfin pénétrer dans Pao’don.

En rangs serres, les Pourpres entrent en ville, soucieux de ne pas commettre d'impairs.
En dépit de la bonhommie apparente des pandarens, la Connétable réitère quelques conseils de prudence à chacun, quand soudain...

   Une nouvelle surprise, plus grande encore, cueillit les visiteurs lors de leur entrée dans Pao’don. Tandis qu’ils avançaient sous les regards curieux ou amusés des villageois, c’est un éclat de voix bien caractéristique qui attira leur attention. Sortant en trombe d’une maisonnée où tentait benoîtement de la retenir un autochtone, Lomah apparut à ses compagnons, portant une somptueuse robe rouge qui semblait avoir été préparée pour elle dans un tissu indigène. Furibarde, la Chambellan expliqua avoir été enlevée par des Pandarens, attirée par l’aura qui l’environnait et qui aurait perturbé la sérénité de la terre. C’est ainsi que les explorateurs eurent vent, pour la première fois, de la particularité du continent : la Pandarie était une terre vivante, réagissant à tout ce qui la parcourait…

   Mais Lomah n’était pas seule : les Pourpres eurent la surprise de rencontrer deux membres de la Meute Sombrecrin, Amberline et Methos. Ces derniers étaient arrivés sur le continent en suivant un chemin plus régulier, leur navire ayant eu le bon goût d’arriver à bon port. Ce qui n’était pas le cas de Durandill : l’Aigle de Wildhammer était également en ville après bien des turpitudes et une aventure au moins aussi rocambolesque que celle vécue par l’Ost Pourpre. Etrangement rassérénés par le fait de se retrouver entourés de têtes connues en une terre aussi exotique, mais également rassurés par le fait d’avoir retrouvé leur Chambellan, les soldats partirent explorer le village en goûtant pour de bon le plaisir de ne pas voir leur vie en perpétuel danger.

Bien qu'elle soit la mieux portante de toute l'expédition, Lomah se fit boudeuse, jugeant que ses amis épuisés n'avaient pas fait suffisamment cas de sa disparition.
Sous la conduite d'Amberline, qui semblait connaître le village comme sa poche, les Pourpres découvrent un lieu enchanteur - à l'exception notable de la présence d'un camp de la Horde à proximité immédiate de Pao'don.
Les regards des Pandarens se font de plus en plus insistants. Bien que comprenant leur curiosité, les visiteurs aimeraient un peu plus de retenue, tant ils sont exténués par trois jours passés dans la jungle.
Ceci étant, Pao'don est une petite merveille, et chacun se promet de la visiter de fond en comble une fois restauré et reposé.

   Suivant leur guide et se rappelant de la suggestion du garde, les hommes gagnent bien vite une auberge, où il apparaît que les Pandarens ont le culte de la nourriture. Accueillis par l’odeur alléchante et la promesse d’une assiette chaude, ils se ruent sur des plats d’apparence exotique et visiblement concoctés avec une grande maîtrise. Dans cette frénésie culinaire, certains ont plus de chance que d’autres, et la Connétable et Kothran sont bientôt contraints de quitter les lieux en courant, la bouche en feu après avoir goûté à l’un des plats les plus épicés qu’il leur ait été donné de rencontrer !

Les auberges pandarens n'ont rien à envier à celles du vieux continent.
... sauf peut-être des carafes d'eau sur toutes les tables pour prévenir les combustions spontanées !

   C’est la fin de plusieurs jours de galère, depuis le naufrage de leur navire. Finalement, personne n’aura été perdu dans l’expédition : un vrai miracle. Aurys et Durandill devisent sur leurs cheminements respectifs en profitant de la fraicheur du soir. Le nain apprend à la Connétable qu’un portail a été mis en place entre Pao’don et Hurlevent : il sera donc possible de rentrer à la Garnison aussi souvent que désiré, ce qui ne sera pas inopportun au regard des vêtements lacérés et boueux qu’ils trainent depuis quelque temps !

Un petit moment de détente bienvenu - et comme un goût de maison en trinquant avec le Wildhammer.

   Alors que la plupart des hommes roupillaient déjà, la soirée s’acheva un peu plus tardivement pour la Connétable, prise à part par le Sombrecrin Methos, qui souhaitait l’entretenir de difficultés spécifiques à la Meute. Profitant de l’occasion qui lui était offerte par un contexte si particulier, Aurys proposa au Gilnéen de repartir sur de bonnes bases entre l’Ost Pourpre et la Meute, en mettant de côté les petites brouilles qui avaient pu survenir entre certains de leurs membres respectifs et en se serrant les coudes pour explorer de concert le nouveau continent.

Rencontre au sommet dans une ruelle de Pandarie.

   Une proposition acceptée avec joie, et qui devait s’avérer fort utile au cours des journées à venir.

   Mais ceci est une toute autre histoire.

   (partie 4 : la Forêt de Jade)